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Faculté des Humanités

Conférence-débat "Guerre en Ukraine : s’informer et comprendre"

    10/05/2022   À  17h30
    Campus Pont-de-Boid, amphi B7

Conférence-débat sur le thème « La nation ukrainienne à l’épreuve du pouvoir russe », le 10 mai à 17h30, amphi B7, campus Pont-de-Bois

 

La Faculté des Humanités, la Faculté des Langues Cultures et Sociétés, ainsi que le département Infocom vous invitent le 10 mai à 17h30 pour une conférence-débat Guerre en Ukraine : s'informer et comprendre, sur le thème "La nation ukrainienne à l'épreuve du pouvoir russe", sur le campus Pont-de-Bois, amphi B7.

Intervenant-e-s :
- Introduction "Retour sur les 75 jours de conflit", Andreï Kozovoï, Maitre de conférences-HDR, Historien, spécialiste de la Russie,
Université de Lille.
- « La nation ukrainienne : entre histoire, mémoire et perspective européenne »,Antoine Arjakovsky, Historien, Co-directeur du département de recherche « Politique et Religions », Collège des Bernardins, Paris.
- « Les “nazis en Ukraine” : analyse d’une désinformation », Cécile Vaissié, Professeur des Universités en études russes et soviétiques, Université Rennes 2.
- « Crime de guerre, crime contre l'humanité, génocide : les exactions de guerre au regard de la justice internationale », Camille Cressent, doctorante en droit international public, Université de Lille.

 

Le 24 février 2022 restera une date marquante en Europe, celle d’une bascule dans la tragédie : au nom d’une « histoire », d’une « culture » et d’un « espace spirituel » qui, selon le discours officiel russe, tiendraient de « liens du sang », la Russie a envahi l’Ukraine, ouvrant une guerre d’agression. Certes, la résistance militaire et de « volontaires civils » s’organise aussitôt. Pour autant, en quelques jours, cette guerre se compte en centaines de milliers, puis en millions, de personnes déplacées fuyant les bombes, en dizaines de milliers de morts et de blessés, elle draine son lot d’exactions, y compris à l’encontre de populations civiles, elle érige un spectre, celui de la menace nucléaire.


« Retour de l’histoire » ont aussitôt proclamé nombre de commentateurs, comme si l’histoire ne s’entendait qu’à l’aune du retour soudain du tragique. Or, ont de leur côté rappelé des chercheuses et des chercheurs attentifs de longue date à l’analyse de la puissance russe, cette guerre était en germe depuis plusieurs années, elle se devinait dans des discours et de premiers actes d’agression. À la lueur d’une approche historique et critique, ce sont là autant d’actes qu’il convient de situer, de contextualiser, d’éclairer, autant de discours qu’il convient de décrypter, d’analyser, de déconstruire.
C’est ce à quoi invite cette conférence-débat, dans le prolongement d’une précédente table ronde organisée début mars.


À l’encontre du discours de l’agresseur faisant valoir l’idée que l’Ukraine contemporaine aurait été « entièrement et complètement créée par la Russie bolchevique », il s'agira dans un premier temps de mettre en perspective l'histoire de l'Ukraine en considérant les dimensions territoriale, linguistique et religieuse du pays, en expliquant sa situation depuis son indépendance en 1991, ses relations avec la Russie et son rapport à l'Europe. À l’encontre du discours de l’agresseur faisant valoir l’idée de la nécessité de « dénazifier » le pouvoir en Ukraine, il s’agira dans un second temps de revenir sur ce discours, en comprendre les fondements, en décrypter les rouages et en identifier les relais tout autant que l’emprise. Dans ce pays à la mémoire douloureuse, les atrocités commises au cours de ces dernières semaines ont conduit des responsables politiques de haut rang, tant en Europe qu’en Amérique du Nord, à dénoncer un « génocide » en cours. D’autres, refusant d’endosser ce terme au regard de sa portée juridique, dénoncent quant à eux des « crimes de guerre », ou encore des « crimes contre l’humanité ». Comment appréhender le poids de ces termes à la lueur du droit international ? Telle est également l’ambition de cette conférence-débat.