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Faculté des Humanités

Motion du Conseil de la Faculté des Humanités relative à la préparation de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche LPPR

Vie institutionnelle

Lors de sa séance du 6 février, le Conseil de la Faculté des Humanités a adopté à l'unanimité moins trois abstentions une motion relative à la préparation de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche LPPR

Conseil de Faculté du 6 février 2020

Motion du Conseil de Faculté

 

Le Conseil de la Faculté des Humanités de l’Université de Lille,

ayant pris connaissance des rapports des groupes de travail constitués pour préparer le projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche, partage la vive inquiétude manifestée par les différentes motions adoptées au sein des départements et laboratoires de la Faculté et des assemblées générales d’étudiants et de personnels. Le Conseil de Faculté soutient l’expression de leur défiance à propos de ce projet et du projet de loi sur les retraites.

Il considère que l’une des raisons essentielles des insuffisances de la recherche française réside dans la dégradation continuelle des conditions de travail des personnels à l’Université et dans les organismes de recherche. La faiblesse des recrutements sur postes permanents – qui ne permettent pas de faire face à la hausse des effectifs d’étudiants –, la faiblesse des rémunérations – relativement aux niveaux de qualification concernés – et l’explosion de tâches de toutes sortes sont autant de facteurs qui empêchent les enseignants et les enseignants-chercheurs de se concentrer sur leurs missions fondamentales d’enseignement et de recherche. Le manque de personnels BIATSS, dont le rôle est essentiel pour le bon fonctionnement de l’enseignement supérieur et de la recherche, contribue à cette situation exsangue aux dépens des étudiants, qui ont pourtant droit à une formation intellectuelle riche et exigeante pour les préserver des situations de précarité qu’ils connaissent trop souvent.

Le Conseil de Faculté manifeste son opposition à toute mesure qui viendrait fragiliser encore davantage la situation de l’Université. Il rejette notamment :

  • le recours systématisé à des personnels non-titulaires – par l’intermédiaire des tenure tracks ou de CDI de chantier, par exemple –,

  • l’alourdissement et la modulation des services ;

  • le financement quasi-exclusif de la recherche par projets ;

  • un pilotage de la recherche et de l’enseignement supérieur contraire aux valeurs de collégialité ;

  • l’évaluation bureaucratique selon une logique étroite de performance ;

  • la mise en place de politiques accroissant les inégalités de moyens au sein de la communauté scientifique et conduisant à son éclatement ;

  • la fragilisation du secteur disciplinaire des Humanités au nom d’impératifs utilitaires ;

  • la réduction de la place du disciplinaire dans les réformes des concours d’enseignement.

 

Le Conseil de Faculté considère que le renforcement nécessaire de la recherche passe notamment par :

  • un renforcement de l’emploi permanent et statutaire, pour lutter contre la précarité croissante des docteurs et des personnels de l’Enseignement supérieur et de la recherche ;

  • une juste rémunération de tous les personnels de l’Enseignement supérieur et de la recherche par une véritable revalorisation salariale ;

  • la garantie et l’augmentation significative des budgets récurrents des laboratoires afin de permettre à tous les enseignants-chercheurs d’avoir les moyens de mener leurs missions sans avoir systématiquement recours à des appels à projets ;

  • la préservation du temps consacré à la recherche, essentiel à la construction libre des savoirs et à leur transmission dans une société réellement démocratique ;

  • une politique plus ambitieuse de réponse à la précarité étudiante, dont les conséquences sont multiples : obstacles à l’apprentissage, à la motivation et au recrutement des futurs chercheurs.

Le Conseil de la Faculté des Humanités demande au Conseil d’administration de l’Université et à son Président de se prononcer vigoureusement auprès de Madame la Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation contre les orientations néfastes du projet de loi. Il appelle à l’aménagement des activités de la Faculté le 5 mars afin de permettre la tenue de réunions d’information et de mobilisation sur la réforme en cours.
 

Motion adoptée à l’unanimité moins trois abstentions.

À Villeneuve d’Ascq, le 6 février 2020