Juliette Hédoux, coordinatrice pré-presse chez Nord Compo
Votre profession
Quelle profession exercez-vous et dans quelle structure ? Pouvez-vous nous présenter votre structure brièvement ?
Je suis coordinatrice prépresse chez Nord Compo, une entreprise de mise en pages et de prestations éditoriales travaillant avec les maisons d’édition.
Pourriez-vous nous présenter la profession de coordinatrice pré-presse ? Quelles sont vos missions et activités au quotidien ?
En tant que coordinatrice prépresse, je suis le lien entre les clients (majoritairement des maisons d’édition) et le compositeur (la personne chargée de mettre en pages). Je reçois de la part du client le manuscrit d’un auteur sous forme de fichier Word, ainsi que tout autre fichier utile à la mise en pages en cas de spécificités (des illustrations par exemple). Je dois ainsi rendre claire la demande du client pour le compositeur et réunir toutes les informations qui lui seront nécessaires : s’il y a un index, des illustrations, un hors texte etc. Une fois le fichier Word mis en page, je reçois du compositeur un fichier PDF que l’on appelle « premières épreuves », et contrôle ainsi si la mise en pages correspond à la demande et potentiellement à la collection de la maison d’édition si nous travaillons régulièrement avec elle. Je livre ensuite ces épreuves au client qui me fera dans un second temps un retour avec des corrections à intégrer pour secondes épreuves. Ainsi de suite jusqu’à obtention du BAT (« bon à tirer ») du client pour lui générer un PDF prêt pour l’imprimeur.
Que préférez-vous au sein de votre profession ?
Je trouve très stimulant d’être au contact des maisons d’édition et de pouvoir échanger sur la meilleure façon de mettre en valeur un texte. J’aime aussi me dire que j’ai entre les mains une nouveauté, un texte qui n’a pas encore été lu du grand public et qui sera bientôt donné à découvrir au plus grand nombre.
Votre formation
Quelle formation avez-vous suivie au sein de la Faculté des Humanités et en quelle année avez-vous été diplômée ?
J’ai fait le Master en Littérature de jeunesse et ai été diplômée en 2023.
Si vous vous êtes réorientée, pourriez-vous nous parler un peu de cette transition ?
Après le bac, je suis partie dans le secteur du design de produit et ai fait six ans d’études dans ce domaine pour terminer avec un Master 2 en Ingénierie du design industriel. Après une première expérience professionnelle, je me suis retrouvée au chômage et n’ai pas réussi à retrouver d’emploi car « pas d’expérience ». Je me suis finalement réorientée après deux années de recherches infructueuses et ai décidé de choisir une filière me correspondant davantage : la littérature. J’ai eu la chance d’être acceptée dans le Master en Littérature de jeunesse, curieuse de découvrir cette branche de la littérature que je ne lisais que très peu. Cela n’a pas été facile au début car j’avais tout de même six ans de plus que mes camarades de classe et cela se ressentait par moments mais je n’ai jamais perdu de vue l’objectif de cette réorientation et je suis restée motivée.
Que préfériez-vous au sein de votre formation à la Faculté des Humanités ?
J’ai adoré découvrir la littérature de jeunesse. J’ai trouvé le corps enseignant très intéressant et déterminé à nous faire découvrir les multiples facettes de cette branche de la littérature souvent discréditée.
Que vous apporte votre Master en Littérature de jeunesse dans l’exercice de vos actuelles fonctions ?
À vrai dire assez peu, car ce master est plus axé sur la théorie et la recherche que réellement professionnalisant. Il m’a tout de même apporté une culture indéniable et une approche littéraire des textes pouvant me servir lorsque je fais des corrections.
Quelles difficultés avez-vous rencontrées lors de votre parcours ? Comment y avez-vous fait face ?
Ma principale difficulté fut mon absence de formation littéraire antérieure à ce master. Alors que nombre de mes camarades sortaient de licence de lettres, je débarquais avec mon diplôme en design qui n’a rien à voir avec ce domaine d’études. J’ai donc évidemment eu quelques lacunes de méthode et de langue au départ mais l’intensité du cursus a fait que j’ai rapidement pu me remettre à niveau.
Votre parcours professionnel
Quels autres métiers avez-vous exercé et que vous ont-ils apporté ?
J’ai été retail designer chez L’Oréal pour la marque Yves Saint Laurent. Il s’agissait de concevoir les boutiques que l’on trouve dans les aéroports. Cela m’a apporté une bonne organisation car je gérais la conception de plusieurs corners en même temps.
Que vous ont apporté et appris vos stages, en particulier celui de M2 ?
J’ai effectué mon stage de M2 chez Nord Compo : il m’a donc appris le métier de coordinatrice prépresse et apporté un emploi !
Comment s’est passée la transition entre votre stage et votre emploi chez Nord Compo ?
Très bien, j’ai été accompagnée par mes supérieurs et mes collègues. On m’a attribué mes clients, et j’ai démarré la relation client et la production en douceur, en parallèle de l’ancienne responsable (qui devait quitter l’entreprise).
Des conseils pour nos étudiant·es
Quel conseil donneriez-vous à nos étudiant·es pour s’orienter dans leur choix professionnel ?
Je pense que toute expérience est bonne à prendre. Qu’elle soit bonne ou mauvaise, elle vous apprendra quelque chose sur votre projet professionnel et/ou sur vous. Il ne faut donc pas hésiter à faire des stages et à faire savoir rapidement si vous êtes (ou non !) intéressé·e de rester dans l’entreprise. Une démarche proactive peut rassurer votre potentiel employeur.
Et surtout, s’il y a bien quelque chose que j’ai appris avec le chômage et ma réorientation, c’est que les mauvais moments ne durent pas et vous montrent votre résilience. Ce qui vous semble être un échec n’est finalement qu’un ralentissement dans votre parcours.
Quel conseil donneriez-vous à nos étudiant·es pour élargir leur réseau de contacts ?
On m’a toujours vanté les mérites de LinkedIn mais personnellement, malgré mes « 377 relations », cela ne m’a jamais vraiment aidée ni donné de visibilité. Le réseau se fait petit à petit, au rythme de la personnalité de chacun. Il suffit parfois d’une seule personne présente au bon moment. Pour ma part, ce fut Arnaud Lecompte, professeur de « Livre numérique » lors de ma formation et employé chez Nord Compo qui m’a fait découvrir l’entreprise lors de ses cours. Je n’ai pas hésité à le solliciter pour ma recherche de stage, ce qui m’a permis d’accéder plus facilement au service des ressources humaines.